Femme africaine après 50 ans : pourquoi avons-nous encore tant de mal à nous autoriser une nouvelle vie ?
Une femme de 50 ans, célibataire, avec ou sans enfants. En Europe, on dira peut-être qu'elle a fait des choix. Dans une famille africaine, le regard n'est souvent pas le même. On dira qu'elle n'a "pas réussi".
Un poids qui ne porte pas le même nom partout
Ce jugement vient du devoir. De la famille. De ce qu'une femme "doit" à ceux qui l'ont vue naître et grandir. Être une bonne fille. Une bonne épouse. Une bonne mère. Se marier, avoir des enfants, dans un certain ordre, avant un certain âge.
Quand une femme sort de ce chemin tracé, on ne se contente pas de le remarquer. On lui fait sentir.
Combien de fois avez-vous entendu, ou pensé de vous-même, une phrase qui commençait par "à ton âge, tu devrais déjà..." ?
Se choisir peut ressembler à une trahison
Se choisir, dans ce contexte, ne ressemble pas seulement à un acte personnel. Ça peut ressembler à une trahison envers la famille, envers ce qu'on nous a transmis comme définition de la réussite d'une femme. Alors on range certains désirs dans un coin qu'on n'ouvre plus.
Ce que j'ai vécu, moi aussi
J'ai été célibataire pendant neuf ans. J'ai deux enfants. Je sais ce que c'est d'être regardée avec cet étonnement, ce mélange de compassion et de curiosité, comme si ma vie manquait de quelque chose d'essentiel.
Je n'ai jamais partagé ce regard sur moi-même. Mais j'ai bien vu, dans les yeux de certaines personnes, que ma tranquillité les surprenait plus qu'elle ne les rassurait.
Et vous, quand vous pensez à votre propre situation, à qui pensez-vous d'abord : à ce que vous ressentez vraiment, ou à ce que votre famille en dirait ?
Un premier pas, pas une réponse complète
Il n'y a pas de solution qui efface d'un coup des générations de regard familial. Mais une chose peut commencer à bouger : distinguer ce qui vous appartient vraiment de ce qui vous a été transmis comme une obligation. Cette distinction, une fois vue, ne s'oublie plus tout à fait.
C'est une des questions que je pose, sans prétendre la refermer complètement, dans La vie commence à 50 ans. Ce livre est un premier pas. Pas la réponse entière.